COMMUNIQUÉ DE PRESSE — Pour diffusion immédiate
LAKAY réclame une commission d’enquête publique sur le profilage racial visant le SPVM et tout corps policier condamné au Québec
Repentigny, le 3 novembre 2026 — LAKAY prend acte du congédiement administratif de sept policiers des postes de quartier 39 (Montréal-Nord) et 21 (centre-ville), annoncé le 2 novembre par le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Fady Dagher, à la suite d’allégations de gestes racistes, discriminatoires et dérogatoires. Ces congédiements étaient nécessaires. Ils ne règlent rien.
Le mythe du « 1 % »
Depuis le début de cette affaire, la direction du SPVM entretient un discours rassurant : quelques individus auraient failli, une infime minorité, le fameux « 1 % », et l’institution aurait fait le ménage. LAKAY rejette cette lecture.
Dix-sept policiers ont été visés par les enquêtes. Une équipe complète de seize patrouilleurs a dû être démantelée en juin. Les gestes allégués se sont répétés pendant des mois, dans deux postes de quartier différents, sous les yeux de collègues et de superviseurs, sans que les mécanismes internes ne les détectent. Les dénonciations sont venues de policiers, pas du système de contrôle. Ce n’est pas le portrait de brebis galeuses isolées : c’est celui d’une culture organisationnelle qui tolère, banalise et protège.
Quand un directeur parle de 1 %, il parle d’individus. Nous, nous parlons de ce qui a permis à ces individus d’agir impunément aussi longtemps. Congédier sept personnes sans toucher aux causes, c’est changer les fusibles sans réparer le câblage.
Pierre Richard Thomas, directeur général de LAKAY
Un problème qui dépasse largement le SPVM
Le profilage racial n’est pas une particularité montréalaise. Il a été documenté, jugé et condamné dans plusieurs corps de police du Québec. Le Service de police de la Ville de Repentigny a été condamné à plus d’une reprise par le Tribunal des droits de la personne pour profilage racial. Le SPVM lui-même fait l’objet d’un jugement de la Cour supérieure dans l’action collective de la Ligue des Noirs du Québec, et les interpellations aléatoires ont été déclarées inconstitutionnelles précisément parce qu’elles alimentent le profilage racial.
Dans Lanaudière, LAKAY accompagne depuis des années des citoyennes et des citoyens noirs qui vivent les mêmes réalités que celles révélées à Montréal-Nord : interpellations répétées, intimidation, humiliations, recours disproportionné à la force. Les révélations au SPVM ne peuvent donc être traitées comme un cas isolé. Elles sont le symptôme visible d’un problème présent partout où l’on a pris la peine de regarder.
Ce que LAKAY réclame
LAKAY demande au gouvernement du Québec de déclencher sans délai une commission d’enquête publique en vertu de la Loi sur les commissions d’enquête, visant le SPVM ainsi que tout corps de police québécois ayant fait l’objet d’une condamnation judiciaire en matière de profilage racial, dont le Service de police de la Ville de Repentigny.
Cette commission devrait notamment :
- établir les causes et les mécanismes institutionnels (sélection, formation, encadrement, culture de corps, mesures disciplinaires) qui permettent au profilage racial de perdurer ;
- examiner pourquoi les systèmes internes de surveillance et de plainte n’ont rien détecté avant que des collègues ne dénoncent ;
- garantir que des policiers congédiés pour des gestes racistes ne puissent pas poursuivre leur carrière dans un autre corps de police ;
- formuler des recommandations contraignantes applicables à l’ensemble des corps policiers du Québec, assorties d’un mécanisme de suivi indépendant.
Les enquêtes internes, les plans d’action et les suspensions ponctuelles ont montré leurs limites. Seule une commission publique, indépendante et dotée de pouvoirs de contrainte peut rétablir la confiance des communautés noires et racisées envers la police.
Les familles de Montréal-Nord, de Repentigny ou de Terrebonne n’ont pas besoin d’un autre communiqué de police. Elles ont besoin que l’État reconnaisse enfin que le problème est systémique et agisse en conséquence.
Pierre Richard Thomas, directeur général de LAKAY
About LAKAY
LAKAY est un organisme communautaire sans but lucratif basé à Repentigny, dans Lanaudière. Sa mission est de défendre et de promouvoir les droits et les intérêts des membres des communautés culturelles, notamment les communautés noires, en les sensibilisant aux enjeux d’accès aux services, de sécurité, de conditions socioéconomiques et de représentativité, et de favoriser l’inclusion et le rapprochement interculturel. LAKAY intervient depuis plusieurs années sur la question du profilage racial dans Lanaudière, par la documentation des cas, l’accompagnement des personnes touchées et le plaidoyer auprès des autorités.
Source et renseignements :
Pierre Richard Thomas, directeur général, LAKAY
514 532-0484 • info@lakay.quebec • lakay.quebec
Photo : Jonalongnose, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
