Réponse courte : Au Québec, votre employeur doit vous offrir un milieu de travail exempt de discrimination et de harcèlement. Si vous vivez du racisme au travail (insultes, « blagues », exclusion, refus d’embauche ou de promotion, congédiement lié à votre origine), vous avez plusieurs recours : en parler à l’employeur ou au syndicat, porter plainte à la CNESST pour harcèlement psychologique (dans les deux ans suivant le dernier événement), ou déposer une plainte à la Commission des droits de la personne (CDPDJ) pour discrimination. LAKAY peut vous aider à choisir le bon recours.


Discrimination ou harcèlement : de quoi parle-t-on?

La discrimination, c’est être traité de façon défavorable à cause d’un motif protégé par la Charte des droits et libertés de la personne : race, couleur, origine ethnique ou nationale, religion, langue, sexe, âge, handicap, etc. Au travail, elle peut toucher l’embauche, le salaire, les horaires, les promotions, la formation, les mesures disciplinaires ou le congédiement.

Le harcèlement psychologique, au sens de la Loi sur les normes du travail, ce sont des paroles, gestes ou comportements répétés, hostiles ou non désirés, qui portent atteinte à votre dignité et rendent le milieu de travail néfaste. Un seul geste grave peut suffire. Des propos racistes répétés sont un exemple clair.

Les deux se recoupent souvent : des remarques racistes répétées sont à la fois du harcèlement et de la discrimination.

Les étapes, dans l’ordre

  1. Tenez un journal. Notez chaque événement : date, heure, lieu, personnes présentes, mots exacts, gestes. Gardez les courriels, les textos, les messages Teams ou Slack, les horaires et les évaluations.
  2. Signalez la situation à l’employeur si vous le pouvez, de préférence par écrit. L’employeur a l’obligation d’agir et doit avoir une politique de prévention du harcèlement.
  3. Si vous êtes syndiqué, parlez à votre syndicat. Le recours passe alors en général par un grief, selon votre convention collective. Le syndicat doit vous représenter de façon juste.
  4. Si vous n’êtes pas syndiqué, portez plainte à la CNESST pour harcèlement psychologique. Le délai est de deux ans après le dernier événement.
  5. Pour la discrimination, vous pouvez aussi vous adresser à la CDPDJ, gratuitement, en général dans les trois ans suivant les faits.
  6. Prenez soin de votre santé. Si la situation vous affecte, consultez un médecin. Une lésion psychologique liée au travail peut faire l’objet d’une réclamation à la CNESST.

Les délais à retenir

  • Plainte pour harcèlement psychologique (CNESST) : deux ans après le dernier événement.
  • Grief syndical : selon la convention collective (vérifiez rapidement auprès de votre syndicat).
  • Plainte pour discrimination (CDPDJ) : en général trois ans.
  • Congédiement : d’autres délais, beaucoup plus courts, peuvent s’appliquer. Ne tardez pas : demandez conseil dès que possible.

Vous êtes témoin?

Un collègue témoin de harcèlement peut le signaler. La Loi sur les normes du travail protège contre les représailles la personne qui participe à une enquête ou qui exerce un recours.

Ce qu’il ne faut pas faire

  • N’attendez pas que « ça se calme » : les délais courent pendant ce temps.
  • Ne démissionnez pas sans conseil : cela peut compliquer vos recours.
  • Ne répondez pas par des insultes ou des menaces : restez factuel et gardez des traces écrites.

LAKAY peut vous accompagner

LAKAY accompagne gratuitement et en toute confidentialité les personnes racisées et immigrantes de Repentigny et de Lanaudière. Nous pouvons vous aider à mettre de l’ordre dans les faits, à choisir le bon recours (CNESST, CDPDJ, syndicat) et à rédiger votre plainte.

Contactez-nous pour obtenir de l’aide · Téléphone : 514 532-0484 · 818, rue Notre-Dame, bureau 202, Repentigny

Voir aussi : Comment déposer une plainte à la Commission des droits de la personne?


Sources : Loi sur les normes du travail (art. 81.18 et suivants, délai de deux ans); CNESST; Charte des droits et libertés de la personne. Ce guide fournit de l’information générale et ne remplace pas un avis juridique. Pour une situation précise, consultez un avocat, votre syndicat ou communiquez avec LAKAY.