Intervention policière à Repentigny : des questions sérieuses doivent être posées sur l’usage de la force auprès d’un enfant de 13 ans

Repentigny, le 17 juin 2026 – À la lumière des images et des informations rapportées concernant l’arrestation d’un jeune de 13 ans à Repentigny, au cours de laquelle un policier aurait pointé une arme à feu en direction de l’adolescent, nous exprimons notre profonde préoccupation quant à la proportionnalité de l’intervention et au respect des principes de protection de l’enfance. Selon les informations rapportées, plusieurs experts ont eux-mêmes remis en question la nécessité d’un tel usage de la force dans ce contexte.  

Nous reconnaissons pleinement que les policiers ont la responsabilité d’assurer la sécurité du public et d’intervenir lorsqu’ils perçoivent une menace. Toutefois, lorsqu’un enfant de 13 ans est impliqué, les autorités ont également le devoir de privilégier les approches de désescalade et d’évaluer avec rigueur la nécessité de recourir à des moyens pouvant entraîner des conséquences psychologiques importantes.

Cette intervention soulève des questions fondamentales. Toutes les alternatives disponibles ont-elles été envisagées avant de pointer une arme à feu vers un mineur? L’évaluation du risque était-elle conforme aux meilleures pratiques reconnues en matière d’intervention auprès des jeunes? Les protocoles actuels sont-ils adaptés aux réalités particulières des adolescents?

Les événements de ce type contribuent à fragiliser davantage la confiance entre les jeunes, leurs familles et les institutions chargées de leur protection. Dans plusieurs communautés, cette confiance est déjà mise à rude épreuve. Chaque intervention impliquant un mineur doit donc être analysée avec la plus grande transparence afin de préserver la crédibilité des services policiers et d’assurer le respect des droits fondamentaux des enfants.

Nous demandons qu’un examen indépendant et transparent des circonstances entourant cette arrestation soit effectué. Cet examen devrait permettre d’évaluer non seulement la conformité de l’intervention aux politiques en vigueur, mais également sa pertinence au regard des principes de proportionnalité, de prévention des traumatismes et de protection de la jeunesse.

Au-delà de ce dossier particulier, nous croyons qu’il est temps d’ouvrir une réflexion publique sur les pratiques policières impliquant les mineurs. Les enfants ne doivent pas être perçus ou traités comme des adultes lors d’interventions à haut risque. Les approches privilégiées doivent tenir compte de leur âge, de leur développement et de leur vulnérabilité.