Mieux comprendre les injustices vécues par les professionnel·le·s noir·e·s en réadaptation : la conférence de Cindy Louis-Delsoin présentée par LAKAY
Ce vendredi 27 février 2026, dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, LAKAY a présenté une conférence de Cindy Louis-Delsoin (erg., M. Sc., PhD(c)) intitulée « Mieux comprendre les injustices vécues par les professionnels noirs en réadaptation ». À travers une présentation structurée et accessible, la conférencière a proposé des repères concrets pour aider les milieux de la santé — et plus particulièrement la réadaptation — à mieux nommer, reconnaître et corriger des réalités vécues sur le terrain.
D’entrée de jeu, Cindy Louis-Delsoin a invité les participant·e·s à distinguer “injustice” et “discrimination”, en montrant que l’injustice ne se limite pas à un geste intentionnel. Elle a expliqué que certaines injustices sont liées à des déséquilibres de pouvoir, à des atteintes aux droits et à des mécanismes multifactorielles qui produisent des inégalités. Pour illustrer cette nuance, elle a utilisé l’exemple des listes d’attente : un même système peut générer des effets inéquitables, même lorsque personne ne “vise” explicitement un groupe.
La conférence a ensuite situé ces enjeux dans une perspective plus large, en rappelant que le racisme anti-Noir a une histoire bien documentée dans les professions de la santé. Cindy Louis-Delsoin a présenté des éléments de littérature montrant que, malgré des avancées, l’accès, la reconnaissance et la progression des personnes noires ont longtemps été freinés au Canada, ce qui a laissé des traces dans les cultures institutionnelles et les pratiques contemporaines.
Au cœur de la rencontre, la conférencière a partagé les apprentissages issus de ses recherches en réadaptation — un travail doctoral en cours — qui vise à explorer les réalités des professionnel·le·s noir·e·s en réadaptation au Québec. Elle a proposé une grille de lecture en trois dimensions : injustices raciales, épistémiques et systémiques. Dans ce cadre, elle a nommé des vécus rapportés et fréquemment reconnus dans les milieux de travail : la solitude (se sentir à l’écart), la lourdeur (être constamment sur ses gardes, porter une “charge raciale”) et l’invalidation (la nonchalance ou la minimisation par l’entourage professionnel). Du côté de la discrimination, elle a distingué microagressions (stéréotypes péjoratifs, gestes maladroits, curiosité intrusive) et macroagressions, telles que la surveillance plus sévère et la pression d’assimilation.
Enfin, Cindy Louis-Delsoin a insisté sur l’importance de passer des constats à l’action. Elle a proposé des initiatives afroémancipatrices pour répondre aux enjeux : réseautage, association, sensibilisation, projets jeunesse, balados, politiques organisationnelles — sans oublier l’espace nécessaire à la “Black joy”, comme force de résilience et de reconstruction. La conférence s’est conclue sur un appel clair : multiplier les réflexions, mais surtout engager des actions mesurables, durables et co-construites avec les personnes concernées.
Rappelons que cette conférence a été réalisée par l’organisme LAKAY dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs dans Lanaudière, une programmation régionale qui met en valeur l’héritage, les contributions et les réalités contemporaines des communautés noires, tout en ouvrant des espaces de dialogue et de transformation.
Victoria Montou (TOYA) - La Guerrière du Dahomey qui forma Dessalines
La Guerrière du Dahomey qui forma Dessalines
Victoria Montou, surnommée Toya, est l’une des figures les plus puissantes et méconnues de la Révolution haïtienne. Originaire du Dahomey (actuel Bénin), elle aurait été une guerrière aguerrie — possiblement liée aux célèbres A
gojié, l’unité militaire féminine du royaume.
Déportée à SaintDomingue, elle devient une femme d’une grande autorité, une combattante, une éducatrice et l’une des influences déterminantes dans la formation du futur empereur JeanJacques Dessalines.
Pour Haïti et pour la diaspora noire, Toya Montou incarne la force, le courage, la dignité et la transmission.
✊ Une guerrière africaine devenue mère spirituelle de Dessalines
Selon la tradition historique, Toya Montou joue un rôle fondamental dans l’enfance de Dessalines :
- elle le forme aux stratégies de combat,
- lui apprend la discipline,
- lui transmet les valeurs du courage et du leadership,
- le prépare mentalement à la résistance.
Elle n’est pas une figure secondaire : elle est l’une des sources de la bravoure de Dessalines, un pilier dans la continuité de l’héritage guerrier africain en terre haïtienne.
⚔️ Une combattante de la liberté
Durant la Révolution haïtienne, Toya Montou ne reste pas en retrait.
Elle participe activement :
- aux affrontements contre l’armée coloniale,
- aux opérations stratégiques des insurgés,
- au soin et au soutien des combattants,
- à la mobilisation des communautés serviles.
Connue pour sa détermination sans faille, elle aurait même été capturée à un moment de la guerre, refusant de trahir, refusant la soumission.
Son parcours témoigne de la présence et du rôle crucial des femmes africaines et afrodescendantes dans la lutte pour la liberté.
🌍 Une mère de la nation haïtienne
Toya Montou incarne un héritage transcontinental :
- l’héroïsme féminin africain,
- la résistance à l’oppression,
- la transmission intergénérationnelle,
- la construction d’une nation libre.
Elle fait partie de ces femmes dont les noms ont longtemps été marginalisés, mais dont l’action a profondément façonné le destin du premier pays noir indépendant du monde.
✨ Un symbole puissant pour le Mois de l’Histoire des Noirs
En célébrant Toya Montou, on honore :
- les racines africaines d’Haïti,
- le rôle déterminant des femmes dans les luttes de liberté,
- l’héritage guerrier et intellectuel transmis à travers les générations,
- la mémoire des résistantes dont l’histoire a parfois été effacée.
Elle nous rappelle que la liberté d’Haïti s’est construite grâce à des femmes aussi bien qu’à des hommes, et que la force du monde noir réside dans la mémoire de ses héroïnes.
📜 Citation inspirante (inspirée de son héritage)
« La liberté se prépare dans le cœur avant de se gagner sur le champ de bataille. »
Martin Luther King - La Voix Universelle de la Justice et de l’Espoir
La Voix Universelle de la Justice et de l’Espoir
Martin Luther King Jr. (1929–1968) est l’un des plus grands symboles mondiaux de la dignité humaine. Pasteur, orateur visionnaire, stratège du mouvement des droits civiques et Prix Nobel de la Paix, il a fait de la nonviolence une arme politique capable d’ébranler le racisme institutionnel aux ÉtatsUnis et d’inspirer des millions de personnes à travers le monde.
Son message traverse les générations : aimer, espérer, résister, et se tenir debout pour l’humanité.
✊ Un leader qui a transformé l’histoire
MLK s’engage dès les années 1950 dans la lut
te contre la ségrégation raciale.
Il devient rapidement l’une des figures les plus influentes du mouvement des droits civiques grâce à :
- sa vision politique audacieuse,
- son éloquence incomparable,
- sa foi profonde en la dignité de toutes les vies humaines.
Avec d’autres leaders, il mène le combat qui mène à :
- la fin officielle de la ségrégation,
- la reconnaissance du droit de vote pour les Afro-Américains,
- l’adoption de lois historiques sur l’égalité.
📢 Un maître de la parole et de la nonviolence
Inspiré par Gandhi, King adopte une stratégie reposant sur :
- la nonviolence,
- la désobéissance civile,
- la mobilisation de masse,
- la puissance morale du témoignage public.
Ses discours – dont le célèbre “I Have a Dream” – portent un message universel :
une société juste est possible si chacun se lève pour la construire.
🕊️ Un rêve qui va au delà du combat américain
Martin Luther King Jr. rappelle au monde noir que :
- la liberté est un droit inaliénable,
- le racisme n’est pas une fatalité,
- l’amour et la justice sont des forces révolutionnaires,
- la dignité humaine doit être défendue partout.
Ses actions inspirent les luttes en Afrique, dans les Caraïbes, et dans toute la diaspora afrodescendante pour l’égalité et la reconnaissance.
🌍 Un héritage intemporel
Pour le Mois de l’Histoire des Noirs, Martin Luther King Jr. est un rappel puissant que :
- l’espoir peut changer l’histoire,
- la résistance pacifique est une force irrépressible,
- la justice sociale est l’affaire de tous,
- chaque individu peut jouer un rôle dans la transformation du monde.
Assassiné en 1968, son message demeure vivant : tant qu’il existera de l’injustice, son rêve continuera d’appeler à l’action.
📜 Citation inspirante de Martin Luther King Jr.
« La justice qui sommeille quelque part est une menace pour la justice partout. »
Jean Price Mars - Le Père de l’Identité Culturelle Haïtienne
Le Père de l’Identité Culturelle Haïtienne
Jean Price Mars (187
6–1969) est l’un des plus grands penseurs haïtiens du XXᵉ siècle. Médecin, diplomate, ethnologue, écrivain et philosophe, il a réconcilié Haïti avec ses racines africaines et redonné au peuple haïtien la fierté de son héritage culturel.
Pour le monde noir, il demeure un bâtisseur de conscience, un pionnier du respect de soi, et une voix essentielle de la dignité.
✊ Un défenseur de la valeur du peuple haïtien
Alors que beaucoup méprisaient la culture populaire et les traditions d’origine africaine, Price Mars rappelle que :
- le vodou,
- les contes,
- les proverbes,
- les croyances populaires,
- et la langue créole
sont les piliers essentiels de l’identité haïtienne, et non des vestiges honteux.
Il appelle cela l’“indigénisme”, un mouvement intellectuel qui prône la valorisation de la culture nationale et des racines africaines d’Haïti.
📚 « Ainsi parla l’oncle » : un réveil identitaire
Son œuvre majeure, Ainsi parla l’oncle (1928), bouleverse le paysage intellectuel caribéen.
Dans ce livre, PriceMars démontre :
- la richesse spirituelle du peuple haïtien,
- l’importance de l’Afrique dans la formation de la nation,
- l’erreur historique de ceux qui renient ces héritages,
- la nécessité de comprendre le peuple pour mieux le servir.
Ce texte inspire non seulement Haïti, mais aussi des penseurs noirs internationaux, et ouvre la voie aux mouvements comme la Négritude.
🌍 Un pionnier de l’ethnologie haïtienne
En étudiant méthodiquement les traditions populaires, PriceMars devient :
- le premier grand ethnologue haïtien,
- un chercheur profondément respectueux des savoirs locaux,
- un ponte de la compréhension scientifique de la culture noire caribéenne.
Il montre que les traditions africaines ne sont pas un obstacle au progrès, mais une force de civilisation et un héritage à célébrer.
🔥 Une voix de dignité pour le monde noir
À une époque où la pensée coloniale dévalorisait les peuples noirs, PriceMars affirme :
- la grandeur de l’Afrique,
- la complexité des civilisations noires,
- la légitimité des cultures afrodescendantes.
Il oppose une vision d’émancipation fondée sur la connaissance, la mémoire et la vérité.
Son influence dépasse Haïti : il devient une référence intellectuelle dans toute la Caraïbe, en Afrique, et dans la diaspora mondiale.
✨ Un héritage pour aujourd’hui
Pour le Mois de l’Histoire des Noirs, Jean PriceMars nous rappelle :
- que connaître ses racines est un acte de résistance,
- que la culture est une force de libération,
- que la dignité commence par la reconnaissance de soi,
- que l’Afrique vit à travers ses enfants dispersés.
Il demeure un phare pour tous ceux qui travaillent à reconstruire l’estime de soi dans les communautés noires.
📜 Citation inspirante de PriceMars
« Nous avons été trop longtemps des étrangers à nous mêmes. »
Jacques Roumain - La Voix Poétique d’Haïti et du Peuple
La Voix Poétique d’Haïti et du Peuple
(1907–1944) est l’une des figures les plus lumineuses de la littérature et de la pensée haïtienne. Poète, romancier, ethnologue, journaliste et militant politique, il a consacré sa courte vie à défendre la justice sociale, la dignité humaine et la beauté profonde de l’âme haïtienne.
Malgré sa mort à seulement 37 ans, son influence demeure immense, en Haïti comme dans tout le monde noir.
✊ Un intellectuel engagé pour la justice
Très jeune, Roumain s’insurge contre l’injustice, l’exploitation des paysans et la domination étrangère.
Il milite pour :
- la dignité du peuple haïtien,
- la promotion de la culture populaire,
- l’égalité sociale,
- la souveraineté intellectuelle et politique.
Il fonde le Parti Communiste Haïtien et utilise la littérature comme une arme pour dénoncer l'oppression et éveiller les consciences.
📚 Un écrivain d’une puissance rare
Son œuvre la plus célèbre, « Gouverneurs de la rosée » (1944), est un roman emblématique de la littérature mondiale.
À travers l’histoire de Manuel, Roumain chante :
- l’unité du peuple,
- la solidarité,
- la lutte contre la misère,
- la possibilité d’un avenir meilleur.
Sa poésie, quant à elle, est un cri d’amour pour l’Afrique, la liberté et l’humanité.
Roumain fait partie des pionniers de la négritude, aux côtés de Césaire et Senghor, par sa réhabilitation de la culture noire et de la profondeur africaine.
🌍 Un ethnologue qui aimait son peuple
Roumain fonde le Bureau d’Ethnologie en Haïti, où il met en valeur :
- les traditions,
- les récits paysans,
- les savoirs vodou,
- la culture populaire.
Il démontre que la grandeur d’Haïti réside dans ses racines profondes et dans l’intelligence de son peuple.
🔥 Un héritage éternel
Bien qu’il soit parti jeune, Jacques Roumain demeure :
- un pilier de la littérature haïtienne,
- un précurseur de l’ethnologie caribéenne,
- un symbole de résistance intellectuelle,
- un artisan de la beauté poétique,
- une voix qui résonne encore pour l’unité et la justice.
Il nous rappelle que les mots peuvent être des lumières dans les temps sombres.
📜 Citation inspirante (attribuée à Jacques Roumain)
« Je suis un homme, et je crois que rien de ce qui est humain ne m’est étranger. »
Amilcar Cabral - Le Stratège de la Liberté et de la Conscience Africaine
Le Stratège de la Liberté et de la Conscience Africaine
Amílcar Cabral (1924–1973) est l’un des penseurs et leaders révolutionnaires les plus respectés du continent africain. Agronome de formation, théoricien brillant, humaniste et stratège de génie, il fut l’architecte des luttes d’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert contre la domination coloniale portugaise.
Plus qu’un combattant, il était un bâtisseur de conscience, convaincu que la libération politique n’a de sens que si elle s’accompagne d’une libération culturelle et mentale. 
🌱 Un intellectuel au service du peuple
Cabral commence sa carrière comme agronome. En sillonnant les campagnes africaines, il découvre :
- la pauvreté structurelle créée par le colonialisme,
- la force des communautés rurales,
- l’importance de la terre comme source de dignité et d’identité.
Cette expérience nourrit une certitude qui guidera toute son action :
on ne libère pas un peuple sans le comprendre profondément.
✊ Le fondateur d’un mouvement révolutionnaire exemplaire
En 1956, Cabral cofonde le PAIGC (Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée et du Cap-Vert).
Sous sa direction :
- le mouvement bâtit des écoles,
- forme des infirmiers et des enseignants,
- met en place une administration locale,
- et organise l’une des luttes anticoloniales les plus efficaces du XXᵉ siècle.
À la fois diplomate, penseur et commandant, Cabral parvient à rallier le soutien international et à unir les populations rurales autour d’un projet de société fondé sur la justice et la dignité.
🔥 Un penseur de la libération culturelle
Pour Cabral, la lutte ne pouvait réussir que si les Africains retrouvaient la mémoire de leurs valeurs et rejetaient les complexes imposés par la colonisation.
Ses idées clés :
- La culture est une arme de combat.
- La libération n’est pas seulement militaire, elle est intellectuelle.
- La conscience du peuple doit guider la révolution.
Ses discours et écrits sont aujourd’hui encore étudiés dans les écoles de science politique et d’études africaines à travers le monde.
🌍 Un héritage immense
Assassiné en 1973, quelques mois avant l’indépendance, Cabral n’a pas vu la victoire finale.
Mais son héritage reste colossal :
- un modèle de lutte anticoloniale disciplinée,
- une vision du développement centrée sur l’humain,
- une pensée politique africaine moderne,
- un exemple d’intégrité, d’humilité et de courage.
Il demeure l’un des plus grands architectes de la libération africaine.
📜 Citation inspirante d’Amílcar Cabral
« Dire la vérité au peuple est un acte révolutionnaire. »
Nioussérê Kalala Omotunde - Le Gardien de la Mémoire Afrodescendante
Le Gardien de la Mémoire Afrodescendante
Nioussérê Kalala Omotunde (1967–2022), né Jean-Phi
lippe Corvo, est l’un des intellectuels les plus influents de l’afrocentricité francophone. Chercheur en histoire et civilisations africaines, formateur, conférencier et fondateur de l’Institut Africamaat, il a consacré sa vie à restaurer la vérité historique et à reconnecter les peuples afrodescendants à leurs racines millénaires.
📚 Un chercheur passionné et rigoureux
Autodidacte à ses débuts puis formé en histoire et anthropologie, Omotunde devient une référence majeure sur :
- les civilisations de l’Afrique antique,
- la contribution africaine aux sciences,
- les dynamiques de la traite et de l’esclavage,
- la pensée africaine classique.
Avec plus d’une dizaine d’ouvrages, il crée une base documentaire accessible qui permet aux jeunes, aux enseignants et à toute la diaspora de reconnecter avec une histoire souvent déformée ou effacée.
🌍 Un éducateur engagé pour la renaissance africaine
Omotunde croyait profondément en la nécessité de maîtriser sa propre histoire pour se libérer mentalement.
À travers Africamaat, ses conférences internationales, ses ateliers scolaires et ses interventions médiatiques, il a touché des milliers de personnes, des Caraïbes à l’Afrique, en passant par l’Europe.
Son style :
- clair,
- passionné,
- pédagogiquement accessible,
- basé sur les sources historiques et linguistiques africaines.
Il a redonné une fierté immense à toute une génération cherchant à comprendre son héritage.
🔥 Un penseur de la dignité et de l’émancipation
Pour Omotunde, l’histoire africaine ne se limitait pas aux tragédies de l’esclavage.
Il mettait en lumière :
- l’Égypte ancienne comme civilisation africaine,
- les universités médiévales de Tombouctou,
- les royaumes du Congo, de Kemet, de Kush, du Bénin, du Ghana,
- l’influence africaine sur les mathématiques, l’astronomie, la philosophie.
Il démontrait que les peuples africains ont été créateurs de sciences, d’empires, de savoirs et de spiritualités, bien avant la période coloniale.
✨ Héritage
Nioussérê Kalala Omotunde laisse derrière lui :
- un immense travail de réécriture et de pédagogie,
- une génération de chercheurs inspirés par sa méthode,
- une conscience renouvelée de l’apport africain à l’humanité.
Son message demeure : se connaître soi-même pour se libérer.
📜 Citation inspirante d’Omotunde
« La connaissance est une arme de libération massive. »
Harriet Tubman - La Moïse des Afro-Américains
La Moïse des Afro-Américains
Harriet Tubman (vers 1822–1913) est l’une des plus grandes héroïnes de la liberté. Née en esclavage dans le Maryland, elle transforme sa vie marquée par la brutalité en un destin d’audace, de justice et de libération.
🔥 De l’esclavage à la liberté
Après avoir subi des coups, l’exploitation et une tentative de meurtre qui lui laissera des séquelles à vie, Tubman s’enfuit seule en 1849.
Mais au lieu de rester en sécurité, elle prend une décision extraordinaire : retourner encore et encore dans le Sud pour libérer d’autres personnes esclavisées.
🚇 L’Underground Railroad : une héroïne légendaire
Harriet Tubman devient l’une des plus célèbres « conductrices » du réseau clandestin d’abolition.
- Elle effectue environ 13 missions
- Et permet la libération de plus de 70 personnes, sans jamais perdre un seul passager.
- Elle montre un courage exceptionnel : marcher de nuit, traverser des marais, déjouer les chasseurs d’esclaves, risquer la mort à chaque instant.
Pour son peuple, elle devient “Moses”, la Moïse qui ouvre le chemin de la liberté.
⚔️ Pendant la guerre de Sécession
Tubman est la première femme à diriger une opération militaire américaine.
Elle sert comme :
- espionne,
- infirmière,
- éclaireuse,
- commandante non officielle d’opérations stratégiques.
En 1863, elle mène le raid de Combahee River, qui libère plus de 700 personnes réduites en esclavage.
🌍 Héritage durable
Harriet Tubman incarne :
- la détermination absolue,
- la résistance face à l’injustice,
- le leadership féminin noir,
- la foi en un monde plus juste.
Son nom est devenu synonyme de courage, d’altruisme et de liberté.
📜 Citation inspirante (attribuée à Harriet Tubman)
« Chaque grand rêve commence par un rêveur. »
Dutty Boukman : le Prêtre de la Liberté
Dutty Boukman : le Prêtre de la Liberté (né vers 1767 – 7 novembre 1791)
Dutty Boukman (mort en 1791) est l’un des symboles les plus puissants de résistance et de dignité dans l’histoire d’Haïti. Né en Afrique de l’Ouest et déporté comme esclave à Saint-Domingue, il devient un leader spirituel et un stratège redouté. Son influence dépasse largement sa courte présence dans la Révolution haïtienne.
🔥 Le déclencheur de la Révolution de 1791
Le 14 août 1791, Boukman préside la célèbre cérémonie du Bois-Caïman, un rituel spirituel et politique qui unit les esclaves autour d’un message puissant :
l’esclavage n’est pas une destinée, mais une oppression qu’il faut briser.
Son discours est une invocation à la liberté, à la justice et à la révolte. Quelques jours plus tar
d, les plantations du Nord s’embrasent : la Révolution haïtienne commence.
⚔️ Un leader redouté
- Chef charismatique
- Stratège aguerri dans la guérilla
- Figure de ralliement pour les insurgés
Les colons le considèrent comme l’un des instigateurs majeurs du soulèvement. Il tombe au combat en novembre 1791, mais sa mort attise encore davantage la détermination des insurgés.
🌍 Héritage
Boukman incarne :
- la résistance à l’oppression,
- l’unité spirituelle et politique,
- la certitude que la liberté vaut tous les sacrifices.
Il reste l’un des grands précurseurs de l’indépendance haïtienne et un symbole du courage africain et afro-descendant.
Cabaret “Héritage des résistants” : une salle comble au Café Manioky pour célébrer la résistance et la création
Repentigny — Le Café Manioky a vibré au rythme de la mémoire, de l’art et de la parole engagée lors du cabaret “Héritage des résistants”, présenté dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs. Devant une salle pleine, l’événement a rassemblé des citoyennes et citoyens de la région autour d’un object
if clair : créer un espace de rencontre et de réflexion sur la résistance des peuples noirs, tout en mettant en valeur la créativité de la jeunesse et la force des arts comme outils de conscientisation.
Au cœur de la soirée, plusieurs lectures de poèmes ont marqué le public. Des textes portant sur le racisme, l’exclusion et la dignité humaine — écrits par de jeunes dans le cadre du concours “Ma plume contre le racisme” — ont été lus sur scène par des jeunes présents, donnant à entendre des voix lucides, émouvantes et résolument tournées vers l’avenir. Par leurs mots, ces jeunes ont rappelé que la littérature et la prise de parole peuvent devenir des gestes de résistance, capables de briser le silence et d’ouvrir le dialogue.
La programmation a également été portée par la conférence de Madame Marie Célie Agnant, consacrée au thème de la résistance. Dans une intervention appréciée pour sa profondeur, elle a abordé la résistance comme une réponse essentielle aux violences et aux systèmes de déshumanisation, en soulignant notamment l’importance de nommer les réalités, de comprendre les mécanismes du racisme et de se doter d’outils pour agir. Son message a insisté sur un levier fondamental : l’éducation, la connaissance de l’histoire et le développement d’une conscience critique pour transformer les luttes en actions durables.
Pour Pierre Richard Thomas, directeur de LAKAY, cette soirée a justement démontré que la résistance se construit aussi dans les lieux de culture et de rassemblement : « Résister, ce n’est pas seulement dénoncer. C’est se tenir debout, s’éduquer, créer des espaces où nos jeunes peuvent parler, écrire, être écoutés et bâtir une fierté. Ce soir, en voyant la salle pleine et la jeunesse prendre la parole, on comprend que la résistance est vivante : elle
se transmet, elle s’apprend et elle se partage. »
L’événement s’inscrit dans la dynamique régionale du Mois de l’histoire des Noirs à Lanaudière, coordonnée par la Table du Mois de l’histoire des Noirs de Lanaudière. Tout au long du mois, la Table et ses partenaires proposent plusieurs activités dans différentes municipalités de la région, afin de célébrer l’héritage, de renforcer le vivre-ensemble et de favoriser des échanges concrets autour des enjeux vécus par les communautés noires.
Avec une participation enthousiaste et une salle comble, “Héritage des résistants” confirme l’importance de multiplier ces espaces culturels et citoyens où l’on peut écouter, apprendre, créer et réfléchir ensemble. Le public est invité à suivre la programmation des prochaines activités du Mois de l’histoire des Noirs dans Lanaudière et à continuer de faire vivre, par la présence et la solidarité, une mémoire tournée vers la justice et l’avenir.










