Ce vendredi 27 février 2026, dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, LAKAY a présenté une conférence de Cindy Louis-Delsoin (erg., M. Sc., PhD(c)) intitulée « Mieux comprendre les injustices vécues par les professionnels noirs en réadaptation ». À travers une présentation structurée et accessible, la conférencière a proposé des repères concrets pour aider les milieux de la santé — et plus particulièrement la réadaptation — à mieux nommer, reconnaître et corriger des réalités vécues sur le terrain.
D’entrée de jeu, Cindy Louis-Delsoin a invité les participant·e·s à distinguer “injustice” et “discrimination”, en montrant que l’injustice ne se limite pas à un geste intentionnel. Elle a expliqué que certaines injustices sont liées à des déséquilibres de pouvoir, à des atteintes aux droits et à des mécanismes multifactorielles qui produisent des inégalités. Pour illustrer cette nuance, elle a utilisé l’exemple des listes d’attente : un même système peut générer des effets inéquitables, même lorsque personne ne “vise” explicitement un groupe.
La conférence a ensuite situé ces enjeux dans une perspective plus large, en rappelant que le racisme anti-Noir a une histoire bien documentée dans les professions de la santé. Cindy Louis-Delsoin a présenté des éléments de littérature montrant que, malgré des avancées, l’accès, la reconnaissance et la progression des personnes noires ont longtemps été freinés au Canada, ce qui a laissé des traces dans les cultures institutionnelles et les pratiques contemporaines.
Au cœur de la rencontre, la conférencière a partagé les apprentissages issus de ses recherches en réadaptation — un travail doctoral en cours — qui vise à explorer les réalités des professionnel·le·s noir·e·s en réadaptation au Québec. Elle a proposé une grille de lecture en trois dimensions : injustices raciales, épistémiques et systémiques. Dans ce cadre, elle a nommé des vécus rapportés et fréquemment reconnus dans les milieux de travail : la solitude (se sentir à l’écart), la lourdeur (être constamment sur ses gardes, porter une “charge raciale”) et l’invalidation (la nonchalance ou la minimisation par l’entourage professionnel). Du côté de la discrimination, elle a distingué microagressions (stéréotypes péjoratifs, gestes maladroits, curiosité intrusive) et macroagressions, telles que la surveillance plus sévère et la pression d’assimilation.
Enfin, Cindy Louis-Delsoin a insisté sur l’importance de passer des constats à l’action. Elle a proposé des initiatives afroémancipatrices pour répondre aux enjeux : réseautage, association, sensibilisation, projets jeunesse, balados, politiques organisationnelles — sans oublier l’espace nécessaire à la “Black joy”, comme force de résilience et de reconstruction. La conférence s’est conclue sur un appel clair : multiplier les réflexions, mais surtout engager des actions mesurables, durables et co-construites avec les personnes concernées.
Rappelons que cette conférence a été réalisée par l’organisme LAKAY dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs dans Lanaudière, une programmation régionale qui met en valeur l’héritage, les contributions et les réalités contemporaines des communautés noires, tout en ouvrant des espaces de dialogue et de transformation.
