Textes gagnants de l’édition 2026

Découvrez les œuvres primées de la 4e édition du concours Ma plume contre le racisme et le profilage racial. Cette page met en lumière les textes lauréats, leurs autrices et auteurs, ainsi que des extraits choisis.

Coup de cœur du jury

Entre deux rives, ma voix brise le silence

Lilyanna Gagnon
Collège Esther-Blondin

Je suis née à l’intersection des cartes, là où les fleuves se rejoignent sans jamais se perdre…

Texte complet ci-dessous

1er cycle — 1er prix

J’ai un rêve

Lila Scozzaro
Collège Saint-Sacrement

J’ai un rêve que les cris étouffés brisent la nuit comme un verre qui éclate…

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1er cycle — 2e prix

Toi l’intrus

Fleur Sanchez
École secondaire Robert-Gravel

Toi l’intrus, la réglisse dans les paquets d’Haribo, le raisin sec dans les cookies au chocolat…

Texte complet ci-dessous

2e cycle — 1er prix

Quand la lumière apprend à parler

Anaïs Hanout
Collège Mont-Royal

Sous un ciel chargé de nuages, le monde avance à tâtons…

Texte complet ci-dessous

2e cycle — 2e prix

La couleur de mon rêve

Marie Kéranne N’Guessan
École Étoile-du-Nord

Nous marchons avec la force de ce qu’on a voulu briser…

Texte complet ci-dessous

Anglophone — 1er prix

A Fight for Humanity

Hafsa Bam Hamed
École secondaire Jacques-Rousseau

Before I speak, before I explain, I’m guilty, risky and carrying pain…

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Anglophone — 2e prix

That one joke

Coralie Elisabeth Antoine
Collège de l’Assomption

It doesn’t need to be loud, or brutal. It can be quiet and still be as hurtful…

Texte complet ci-dessous

Extraits des textes gagnants

Découvrez ci-dessous des extraits des œuvres lauréates de la 4e édition du concours. Cliquez sur chaque section pour afficher le contenu.

Entre deux rives, ma voix brise le silence
Lilyanna Gagnon — Collège Esther-Blondin

Je suis née à l’intersection des cartes, Là où les fleuves se rejoignent sans jamais se perdre. Dans mes veines, deux sangs racontent une histoire : Une moitié de neige, une moitié de terre et de mémoire. Héritière de la blancheur et de la fierté autochtone, Je suis ce pont que le monde parfois questionne.

Mais aux yeux de ceux qui jugent sans savoir, Je suis parfois trop « ceci » ou pas assez « cela ». On m’appelle le profilage, ce regard qui s’attarde, Cette méfiance invisible qui dresse une garde. Parce que mon visage brouille leurs certitudes, Parce que mon identité refuse la solitude des cases.

Le racisme voudrait que je me taise, que je me divise, Il se nourrit de l’indifférence et des peurs qu’on déguise. On me demande « Tu viens d’où ? » comme une énigme à résoudre, Cherchant dans mon origine un feu à absoudre. Je suis celle qu’on surveille dans l’ombre d’un rayon, Celle dont on questionne la place au moindre soupçon.

Pourtant, je ne suis pas un dossier, ni un simple trait de crayon. Je suis l’héritière de la résilience, une fille de conviction. Ma peau est un lien, mes racines sont ma terre, Et face au silence, je refuse de me faire éphémère. Le racisme cherche à séparer ce que mon corps a uni, Mais ma voix est un cri contre le mépris et l’oubli.

Je suis entière, je suis multiple, je suis debout. Contre vos préjugés et le silence, je resterai moi-même, malgré tout.

Quand la lumière apprend à parler
Anaïs Hanout — Collège Mont-Royal

Sous un ciel chargé de nuages, le monde avance à tâtons.
L’air tranche la peau comme une lame invisible,
Laissant sur les visages une poussière de fatigue.
Les rues retiennent leur souffle,
Les pavés gémissent sous les pas fatigués,
La nuit s’étire comme un drap humide sur les épaules,
Chaque respiration se transforme en frisson,
Chaque regard devient un vide.

Le racisme rampe, monstre sans visage,
Ventre collé au sol, dents dans les mémoires.
Ses yeux vides avalent les nuits,
Chaque souffle tremble sous sa veine d’ombre.
Il regarde derrière les fenêtres closes,
Les habitants frissonnent à chaque souffle.
Il s’insinue dans les maisons endormies,
Déchire les portraits,
Vole les prénoms.
Derrière lui,
Les mains deviennent vides,
Et les ombres s’accrochent aux cœurs.

L’autre…
Celui que l’on refuse de voir,
Celui qui retient son souffle dans l’obscurité,
Un corps que le monde tente d’éteindre.
Ses yeux sont des océans de questions muettes,
Ses mains frissonnent sous l’indifférence.
Et pourtant, il existe.
Chaque battement est une flamme cachée, brûlant sans un mot, craignant l’ombre.

Le silence tombe, une poussière lourde.
Il s’infiltre dans les poumons,
Étouffant les mots avant leur naissance.
Il apprend aux cœurs à se cacher,
À pleurer derrière des murs invisibles,
À survivre sans bruit,
Comme les flammes sous la cendre.

Puis…
Une étincelle tremble.
Une voix fragile, luciole perdue dans la tempête.
Le souffle de la peur persiste,
Le monstre guette,
Mais la voix palpite, hésite, vacille,
Et refuse de s’éteindre.
Le souffle se brise,
Se change en tremblement,
Se dresse en courage.

Un mot fend l’obscurité,
Tel un rayon perçant la brume.
Une phrase creuse un passage dans le froid.
Un cri fait vibrer les murs.
Le vent l’emporte,
Le transformant en vibration,
En chaleur qui caresse les cicatrices,
En lumière qui serpente dans les ténèbres.

D’autres voix surgissent,
Chœurs tremblants,
Cris et souffles heurtant le vent.
Les battements éclatent comme des vagues sur les pavés.
Le monstre hurle,
Mais les voix, tremblantes, deviennent torrents.
Le silence s’évanouit, emportant les ombres dans les ténèbres.

Les chaînes tombent dans un fracas sourd,
Les murs craquent sous le poids des vérités,
Nos voix percent la nuit comme des éclairs,
Nos silences brûlent enfin en lumière,
Sous un ciel encore fragile, nous avançons,
Cœurs tremblants, mais debout,
Portés par nos blessures devenues forces.
Les ombres s’inclinent devant nos mains tremblantes,
Et l’espoir apprend lentement à briller.

La couleur de mon rêve
Marie Kéranne N’Guessan — École Étoile-du-Nord

Ils ont voulu faire taire nos couleurs, comme si notre noir était une faute
Mais derrière chaque regard blessé, naît un éclat de courage
Sous chaque blessure, une lumière brûlante et fière persiste.

Ils ont marqué nos corps de fer, volé nos prières, nos langues, notre liberté
Et même aujourd’hui, après tant d’années passées dans la peur, l’histoire se répète sous différentes formes.

Mais nos voix ne s’affaiblissent pas,
au contraire
elles deviennent plus fortes.

Quand je regarde à ma gauche, je vois mon frère en douleur,
prisonnier pour un crime qu’il n’a pas commis
À ma droite, une mère pleure son enfant, tombé sous les balles de la haine.
Est-ce qu’un jour, toute cette violence va-t-elle s’arrêter?

Rosa Parks s’est assise pour que je puisse me lever,
Martin Luther King a rêvé pour que je puisse respirer
Malcolm X a crié, pour que je sois entendue
Et enfin Nelson Mandela a pardonné pour que je sois libérée

Mais moi je porte l’Afrique dans mes veines
Les chants de mes ancêtres dans ma voix
Et dans les nuits les plus sombres, mes rêves brillent de mille couleurs

Nous marchons avec la force de ce qu’on a voulu briser
Nous portons la foi de ceux qui ont survécu aux chaînes et au silence
Nous avançons sans haine, avec l’espérance d’un avenir en paix

J’imagine un monde où la peur se tait
Où l’on juge à la beauté des gestes, pas à la couleur du visage

Alors oui, je rêve d’un monde de paix
D’un demain sans chaînes ni larmes
La couleur de mon rêve sera la paix

Œuvre certifiée originale, personnelle et inédite.

J’ai un rêve
Lila Scozzaro — Collège Saint-Sacrement

J’ai un rêve
que les cris étouffés BRISENT la nuit comme un verre qui éclate,
que leurs éclats deviennent des lumières,
et que plus rien ne puisse les étouffer.

J’ai un rêve
que les ombres du passé
cessent enfin de tirer les ficelles de nos chemins,
que la couleur d’une peau ne soit plus jamais
la barrière invisible qui emprisonne un destin.

J’ai un rêve,
que chaque voix trouve sa hauteur
qu’elle tremble peut-être, mais jamais de peur.

J’ai un rêve
qu’aucun enfant ne naisse déjà séparé,
qu’aucun cœur ne porte la rupture avant même de savoir aimer.

J’ai un rêve qu’un jour, mes enfants n’entendent le mot « ségrégation »
que dans leurs cours d’histoire,
comme un vestige poussiéreux d’un passé dont plus personne n’a honte,
un mot fragile qui n’aura survécu que dans les livres.

Mon rêve est que ce mot tombe en poussière,
qu’il ne touche plus aucune peau,
qu’il ne morde plus aucun cœur.

Et j’ai un rêve persistant, sauvage, ardent,
le genre de rêve qui brûle plus fort que la peur :
que le racisme soit réduit au silence,
qu’on lui ferme sa dernière porte,
qu’on le laisse s’effondrer dans son propre vide.

J’ai un rêve,
qu’ensemble, on bâtisse un monde
où plus personne ne glisse dans l’abîme,
parce qu’ON aura comblé ce vide
avec nos voix, nos mains, nos vies.

J’ai un rêve,
que la pénombre de jadis cesse enfin de briser les ravins,
que la couleur d’une peau ne puisse plus jamais détourner un destin.

J’ai un rêve.
Un rêve qui refuse de mourir, même quand le monde chancelle.
Un rêve qui s’accroche aux pas qu’on efface,
qui réclame sa place dans la poussière des siècles,
et qui brûle encore, invincible, dans nos cœurs.

Œuvre certifiée originale, personnelle et inédite.

Toi l’intrus
Fleur Sanchez — École secondaire Robert-Gravel

On nait tous un matin
Sous le même soleil
Le sang qui nous fait vivre
Nous est tous pareil

Pourtant au creux des regards
On dresse des barrières
On juge, on condamne
Une origine, un visage, une couleur

Des voix se lèvent
Mais l’écho est faible
Des avis sont balayés
Et la réalité est supprimée

Cachée
Ignorée

La vérité est le plus gros des secrets
De Montréal à Longueuil
Aveuglés par l’orgueil
Partout où je vais
On juge, on bâillonne et on aveugle
Et pourtant je te vois

Toi l’intrus
La réglisse dans les paquets d’Haribo
Le raisin sec dans les cookies au chocolat
Toi la faute d’orthographe dans un texte parfait

Être différent
C’est voir la porte se fermer
Sans même avoir été regardé
C’est cette fatigue
D’être toujours doublement noté

Mais une seule note ne fait pas la musique
Une seule couleur ne fait pas l’arc-en-ciel
C’est dans la différence
Qu’habite la liberté

Alors accepte tes nuances
Et joue ta propre mélodie

Œuvre certifiée originale, personnelle et inédite.

A Fight for Humanity
Hafsa Bam Hamed — École secondaire Jacques-Rousseau

Before I speak, before I explain
I’m guilty, risky and carrying pain
They clutch their bags when I step on the train
Say “it’s just to be safe” but I know it’s disdain

They push, they judge me
They say I’m not worthy
But I work the same shift
And the taxes don’t switch

They say “be calm, don’t play the race card”
But the deck was stacked from the very first start
They see my color before they see my heart
I just know that I’m here even though I am apart

You call me things without thinking about how I feel
You pretend all I do is lie and steal
And when you claim “it’s just a joke!”
Remember words cut deep and my dignity broke

Because in the end, we’re all the same
We have hands, eyes and a name
We have a heart, a nose and a brain
So stop acting like we’re different, we all feel the same pain

You don’t live to discriminate
You live to thrive
You don’t live to hate
You live to rise

So where’s all the love?
Where’s all the passion?
When I look around
All I see is destruction

How did we get to this?
I thought society would heal
But when I look at this abyss
I just see people who don’t feel

I think it’s time to raise our voices
To be brave enough and make our choices
I think it’s time to put our hands up
To go beyond our differences and make up

So stand for your life, for the life of thousands
The ones who were oppressed
The ones who were betrayed
The ones who trusted the system and got played

So stand for yourself, for your mom and dad
For the ones who had a chance
For the ones who never had

So stand for your rights, for the rights of the nations
The ones who were neglected
The ones who were slaved
I hope the world would learn from the past
This fight has just begun and it won’t be the last

Just like Martin Luther King said “Injustice anywhere is a threat to justice everywhere”
So let’s break the silence and guide the world with respect and care

That one joke
Coralie Elisabeth Antoine — Collège de l’Assomption

That one joke.

I feel it doesn’t need to be loud, or brutal. It can be quiet and still be as hurtful. Some disguise it as a “joke” but even though they think it’s fun, nothing is fun about getting mocked for something you can’t change.

It can happen to anyone, anytime, or by anyone. They define your background, family and yourself by venomous comments; they cut deep when they touch things you deeply care about. It destroys and eradicates self-confidence for entertainment.

They told me that my skin tone, religion and background affect the way I should be treated, and that is absurd and ridiculous. Kids, teenagers and adults of all ages get teased constantly, in real life and digitally, and there isn’t one that is better or worse than the other; those types of comments are unnecessary.

Some hide it, bury it deep thinking that they will make a scene if they tell their stories. No, those voices should be heard all around the world. In the past we were banned, silenced by people thinking that being different from what society judges as being pure is something that needs to be polarized.

It was present in apartheid; apartheid is something that came straight out of a nauseating nightmare. It started in South Africa; black people needed to go through segregation, passes to be permitted to work or travel in areas restricted for white citizens. An age so dark but not that far.

We need to take example from Nelson Mandela, Martin Luther King Jr., Rosa Parks and many more black people that inspire us to speak out and not get silenced by others’ salty comments and that absolutely nothing can destroy the treasures in our culture that aren’t just based on the darkness of our skin.

No color is inferior or better than the other. We all should walk together in unison and fight for what we are and want to be. We need to fight for a better future and not bury our feelings to avoid scandals.

Fight for your ancestors that battled for a brighter future, fight more than anything because your voice deserves to be heard no matter the color of your flesh, the religion you carry, the language you speak and the entourage you lead.

Yes, the situation is scary, yes everyday things get better, but there is still racial discrimination raging in places on Earth, some closer than you think. On the internet, on TV shows, in movies it could happen whenever and wherever.

Additionally, racism can be hidden in jokes or an opportunity to make someone laugh, even though the only thing that it’s offering is secret small scars and maybe the first few don’t hurt but after a couple of times you start to question: “are the things they say really true”.

IT CUTS DEEPER AND DEEPER and everyone has their own limits. For instance, I’m very patient when it comes to these slurs, but I still point them out when others say those sickening jokes.

However, everyone has their own limits so you shouldn’t mock people even though they are very close to you because it hurts more than they realize; yes some will hide it well but it’s still racial discrimination. No one should ever be treated like that.

NO ONE

Destroyed confidence – Deep hurtful cuts that could scar people forever – self-hatred – creates injustice – drives conflict – social tension

Are a few of the consequences of racism.

Using someone’s race to judge or treat some people worse than others. Racism is something hurtful made for people’s amusement and to fuel their pride and power thinking one race is superior to another.

So, you should think twice before saying that one joke.

Certified original, personal and unpublished work.