LAKAY MEDIA profilage-Repentigny Profilage racial: ce serait « systémique » à Repentigny

Profilage racial: ce serait « systémique » à Repentigny

Profilage racial: ce serait « systémique » à Repentigny

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) aurait suspendu ses enquêtes sur les nombreuses plaintes de «profilage discriminatoire» qu’elle a reçues ces derniers mois impliquant «certains corps policiers du Québec » notamment à Repentigny en vue de pouvoir reprendre les investigations d’un point de vue  systémique.

C’est le Centre de recherche action sur les relations raciales (CRARR) qui en fait état dans un communiqué. Le CRARR dit avoir mis la main sur la copie d’une lettre en ce sens que la Commission a envoyée à l’avocat de la Ville de Repentigny dans ce dossier.

Meissoon Azzaria, Coordonnatrice aux communications de la CDPDJ, se refuse de confirmer ou d’infirmer l’envoi de missives aux parties en présence.

 « Il s’agit d’un processus administratif et nous en assurons la confidentialité pour préserver les droits de toutes les parties en cause (plaignants, mis en cause, témoins).», indique Mme Azzaria dans un courriel envoyé au journal. 

Toutefois, devant l’office de consultation publique de Montréal (OCPM) le 4 décembre dernier, Myrlande Pierre, la vice-présidente, a souligné « l’importance d’aborder le racisme et la discrimination dans une perspective systémique. »

 « Il ne suffit pas de s’attarder à l’effet isolé des actions ou des normes. Lutter contre le racisme et la discrimination systémiques implique aussi de considérer l’effet de représentations sociales, de préjugés, d’attitudes, de pratiques individuelles et institutionnalisées, qui se renforcent et s’alimentent mutuellement.»

Myrlande Pierre.

Mme Pierre présentait le Mémoire de la Commission à l’OCPM, un document qui aborde quatre grands thèmes : la lutte contre le racisme et la discrimination systémiques en emploi; la lutte contre les profilages discriminatoires; le traitement des actes haineux à caractère xénophobe, notamment islamophobe; ainsi que le droit au logement convenable.

Dans cette lettre adressée à l’avocat de la Ville de Repentigny, visée par de nombreuses plaintes de profilage racial, la Commission déclare qu’elle « considère opportun de porter un regard sur l’ensemble de ces dossiers avant d’entreprendre les enquêtes, notamment, en ce qui concerne les allégations de discrimination systémique qu’ils contiennent », rapporte le CRARR dans son communiqué.

« En soi, ce n’est pas une mauvaise chose, commente Fo Niemi, directeur général du CRARR, je pense que c’est un message fort que la Commission envoie à la Ville de Repentigny pour leur dire qu’on veut regarder l’ensemble de vos services.»

« La seule chose qui nous préoccupe, c’est : combien de temps cela va prendre? », se demande M. Niemi qui se réjouit de voir que la Commission décide d’aborder le profilage racial du point de vue systémique.

L’enseignant François Ducas, l’un des premiers à avoir dénoncé le profilage dans la région, dit prendre note de la décision de la Commission. M.Ducas garde espoir seulement que justice sera rendue et que l’ enquête sera « sérieuse ».

François Ducas et sa femme, la Dre Chevrette, lors d’une rencontre avec In Texto. Il a des plaintes, pour profilage racial, actuellement devant la Commission des droits de personne.

 «Le mal étant fait,  les victimes ont droit à un dédommagement pour réparer les torts et les préjudices causés, même si aucune compensation financière ne pourra effacer les dommages moraux. »

François Ducas

Ce serait la deuxième fois que la CDPDJ opte pour une approche large en la matière. Il y a près de 10 ans déjà, en 2011, elle avait publié un rapport d’enquête menée en 2010 sur le profilage racial et la discrimination systémique à l’endroit des jeunes racisés.

Le CRARR assiste actuellement plus de 60 personnes, majoritairement des personnes noires, dans des plaintes devant la Commission et impliquant les services de police de Montréal, Repentigny, Terrebonne, Laval et Longueuil.   

Parmi les plaintes, il y a actuellement 11 cas de profilage racial portés par la Commission devant le Tribunal des droits de la personne, dont 6 concernent le SPVM et 2, le Service de police de la Ville de Repentigny.  Le CRARR reçoit actuellement, par semaine, deux plaintes de discrimination et de profilage racial impliquant des policiers des villes différentes.

En ce qui concerne la Ville de Repentigny, le CRARR représente et assiste actuellement 8 personnes dans 13 plaintes de profilage racial qui impliquent plus de 30 policiers de cette Ville sur 140 au total.

Le CRARR offre sa collaboration à la Commission dans sa réflexion sur les aspects systémiques des cas de profilage racial impliquant la police et de plus en plus, des agents de sécurité privée, des autorités scolaires et des autorités de protection de la jeunesse.

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